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de la vie de musulmanes francophones au Royaume-Uni



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'L'histoire de mon installation'
par Oum Salama

Assalama alaikoum wa Rahmatullah wa Barakatuh chères soeurs,

A la demande d’une des charmantes administratrices de ce site – Macha’ALLAH – , je voudrais vous raconter une histoire, la mienne, ou plus exactement l’histoire de mon installation à Londres.

Premiere précision : je tenais absolument à m’installer à Londres. J’avais une opportunité sur Carlysle, mais franchement, qui voudrait s’y installer surtout après les importantes inondations du mois de décembre 2004 ? En effet, quitte à s’installer en Angleterre, autant s’installer dans une grande ville “moderne et équipée”, mais surtout très cosmopolite, d’où son incroyable richesse – humaine bien sûr – et son exceptionnelle et authentique tolérance.

Deuxième précision : j’ai toujours voulu vivre une partie de ma vie à l’étranger. Cependant, Londres ne faisait absolument pas partie de mes plans. Je visais plutôt les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, et l’Australie. J’ai d’ailleurs accompli un certain nombre de démarches pour ces 3 pays, sans succès. Comme quoi, quand ALLAH Sobhan’ALLAH wata’ALLAH a décidé quelque chose pour vous, quoique vous fassiez, vous ne devierez pas de votre destin.

Pour revenir aux détails de mon histoire, je suis au chômage depuis le 20 janvier 2004. Un jour, lors de mes rares visites à l’ANPE du XVème arrondissement, je tombe par hasard sur une petite affiche – située dans un coin afin que personne ne la lise, bien sûr ! (= mauvaise langue !) –. Bref, si vous deviez ne retenir qu’une seule chose de la vie sur cette terre et bien sûr la pratiquer, c’est la débrouillardise – le système D –. Je lis donc cette affiche qui proposait un programme spécifique – ene partenariat avec l’ANPE internationale et une association – AIGLES – de recherche d’emploi au Royaume-Uni, accompagné de quelques heures d’anglais.

J’envoie mon dossier sans trop d’espoir – c’est le chômage qui vous rend dans cet état et toutes les réponses négatives que vous recevez, quand vous en recevez –. Je recois une lettre deux jours après pour une convocation au mois de juin. Je me rends donc à l’ANPE internationale le 7 juin, place de la Bastille, à Paris. S’ensuivent un test d’anglais et un entretien en anglais avec 2 personnes dont une anglaise, entretien pour lequel, je ne m’étais pas du tout préparée, faute de motivation. Réponse le 8 juin et vous ne devinerez jamais !? Enfin, si, vous avez deviné, puisque le titre de mon histoire s’intitule “installation à Londres” ! Malgré l’angoisse, l’énorme noeud à l’estomac, j’appelle le lendemain à 8h45. Or, il fallait appeler à partir de 9h. Je sors et je vaque à mes occupations. A 11h30, je me rappelle que j’avais quelque chose d’important à faire : appeler AIGLES avant 12h. J’arrive chez moi à 11h45. J’appelle et là : Alhamdullillah, malgré tous mes doutes, je suis sélectionnée pour partir 2 mois à Canterbury, dont j’avais visité quelques années auparavant la célèbre cathédrale. Vraiment, je n’y croyais pas !

Malheureusement ou heureusement, au bout de 2 mois, je suis la seule du groupe – 8 personnes – à ne pas avoir trouvé de travail. En revanche, j’ai eu une unique réponse positive pour du volontariat. Bien sûr, sans refléchir un instant, j’ai accepté. Après tout, je mettais un pied de l’autre côté de la Manche. Et effectivement, ce n’était qu’un pied ! Du moins, pour une longue et difficile période de 4 mois, s’étalant d’octobre 2004 à janvier 2005, période pendant laquelle, je faisais un aller-retour hebdomadaire Paris-Londres pour effectuer deux jours de volontariat à Londres – enfin, je retrouvais ma motivation -. Bien évidemment, pendant ces deux ou trois jours que je passais à Londres, je continuais mes recherches d’emploi, mais en vain.

Cependant un jour, après un entretien dont je connaissais la suite – défavorable – (je postulais pour un poste d’assistante auprès d’un enseignant dans une école musulmane) –, très déprimée, je prends le bus 73 pour rentrer du côté de la gare de Victoria, quartier dans lequel je résidais pendant mes séjours londoniens. Lors de mon retour, j’aperçois un café Internet, que j’avais déjà repéré, car peu cher. Je m’y arrête et j’y vois une annonce pour un poste de caissière. Comme j’ai toujours au moins deux cv sur moi – n’oubliez pas, je suis à la recherche d’un emploi ! –, je dépose mon curriculum vitae. Mon futur collègue le transmet au patron qui, usant d’un simple stratagème pour voir à quoi je ressemble, vient jeter un oeil l’air de rien dans la salle….

Au moment de quitter cet endroit, mon futur collègue m’indique que le patron souhaite me voir. O.K., j’y vais plutôt tranquille. L’entretien, très informel, se déroule bien. Nous avons même discuté politique, car, rien qu’en lisant mon cv, mon futur patron a reconnu ma tendance politique. Il m’a bleuffée ! nous avons eu une discussion très cordiale. A la fin de l’entretien, nous avons convenu que je commencerais la semaine d’après. Voilà, “facile” – Alhamdullillah –, n’est-ce pas ?
Attention, ce n’est pas le métier de mes rêves ! Mais, j’en cherchais un depuis plus de quatre mois.
J’ai donc trouvé un emploi alimentaire pour reprendre l’expression française. C’est vrai qu’un emploi peut avoir d’autres fonctions que de vous nourrir, mais il me semble que sa première fonction est de satisfaire ce besoin vital. Bref, il n’y a qu’en France que l’on rencontre ce genre d’expressions (même si je n’ai visité tous les pays du monde pour appuyer cette assertion, j’en ai visité un certain nombre )! En attendant, cet emploi me permet de rester sur Londres et de poursuivre mes recherches pour un emploi qui corresponde plus à mes qualifications universitaires Inch’ALLAH.

Et c’est maintenant que commence la vraie lutte, car, même si vous sortez de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris ou de Centrale, si vous n’avez pas l’expérience requise pour le poste pour lequel vous postulez, vous n’avez aucune chance. Il ne faut pas oublier que les Anglo-Saxons sont pragmatiques. Ce qui intéresse un recruteur anglais, c’est votre immédiate opérationnalité à l’embauche. Il n’existe pas vraiment de concept de formation au moment de l’embauche en Angleterre.

Ensuite, une autre vraie lutte : trouver une chambre dans un environnement musulman, pas trop chère, pas trop éloignée du centre : enfin, le beurre, l’argent du beurre et la cremière bien sûr !
J’ai procédé à cette recherche via Islamic Events and Notices (
www.uk_islamic_events@yahoo.co.uk ).
J’ai trouvé quelques annonces. J’ai visité une chambre chez une famille pakistanaise, une très belle maison. Malheureusement, mes revenus étaient insuffisants pour eux. Nous sommes au mois de février 2005. Mais “ne suis que le chemin que t’a réservé ALLAH” – Sobhan’ALLAH wat’ ALLAH. Finalement, pour résumer, j’ai trouvé une chambre chez une musulmane d’origine somalienne, très sympathique Macha’ALLAH à la fin du mois de mars 2005.

En conclusion, il m’a fallu quatre mois pour trouver un emploi, deux mois pour trouver une chambre respectant une condition essentielle : l’environnement musulman. Pendant tout ce temps, j’ai dû supporter de partager une chambre avec des non-musulmanes, un vrai calvaire : bruit, absence totale d’intimité, etc… pour le même prix que ma chambre actuelle !

Mais, Alhamdullillah, petit à petit, l’oiseau fait son nid selon ses exigences, certes bien spécifiques, mais réalisables Alhamdullillah !

Conclusion en deux mots : persévérance et patience !

Bonne chance à toutes celles qui envisagent de s’installer à Londres. Je ne suis pas Huggy les bons tuyaux, mais vous pouvez me contacter par email. Si je peux apporter un soutien sous quelque forme que ce soit, je n’hésiterais pas Inch’ALLAH.

Assalama alaikoum,


Oum Salama